Extase: par Lauren (Cybergoth & Divagations)

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Extase: par Lauren (Cybergoth & Divagations)

Message par Anonymou le Sam 25 Mar - 0:32

Extase: (par Lauren)

Que faire dans cette ville trop petite où je ne connais personne. Je suis tellement isolée, mes amis font partie d'une autre époque, d'une autre vie. Mes heures de loisirs sont trop longues, je ne vois que le néant. Après cette journée pleine de vide, ma seule envie serait de me perdre dans une foule d'enfants de la nuit, de me laisser aller sur une musique industrielle (les gens ici appellent ca du bruit, ils ont de la merde dans les oreilles). Mais il n'y a pas de boite ici, et encore moins de "gens en noir". Je sens l'énergie qui circule dans mon corps cyber. J'ai besoin de mouvement, de vitesse et d'émotions fortes. L'alcool n'a pas réussi à me calmer, la musique non plus. Mon casque sur les oreilles, le volume au maximum, rien n'y fait.

Alors, je vais sortir... je sors. Peut-être vais-je rencontrer un vampire, en chasse dans la nuit.

Je déambule dans les rues désertes. Il est minuit, les bars ne sont pas encore fermés, une chance pour qui veut voir du monde... J'espère ne pas avoir à entrer dans un de ces lieux pleins de crétins du dernier ordre. Ils font du bruit pour rien, leur musique n'est pas la mienne, leur monde n'est pas le mien.

Tiens, quelqu'un, assis par terre. Il a bu un coup de trop on dirait.

"'soir mad'moiselle !"
"Bonsoir"

Je m'accroupis suffisamment près de lui pour qu'il sente mon parfum, pour qu'il puisse toucher mes bas résille en allongeant le bras. Je le regarde longuement. Ses yeux sont injectés de sang mais son physique n'est pas déplaisant.

"J'ai un peu trop bu, tu vois, alors désolé si je dis des conneries"

Peu importe ce que tu dis mon pauvre, tu es ma victime, c'est tout ce que tu es pour moi. Je ne m'attends pas à ce que tu me donnes un cours de métaphysique.

Après un échange de mots sans sens, je lui propose de faire un bout de chemin avec lui. Bien entendu, il accepte. Comment le considérer encore comme un humain alors qu'il n'a aucun choix. Pour moi, c'est un animal domestique, j'en fais ce que je veux. Je vais même lui faire ce que je ne ferai jamais à un animal.

Nous marchons. Je m'arrange pour le mettre à l'aise, je ne le contredis pas, jamais. Je lui fais croire qu'il détient la vérité. Tu parles ! Le pauvre idiot.

En marchant, je lui passe le bras à la taille, prétextant que je suis un peu ivre. Ce n'est pas tout à fait faux, sauf que ca ne m'empêche pas de marcher droit. Il me serre de plus en plus. Mes sens s'enflamment. Je le pousse dans une impasse morbide, enfin l'obscurité. Je guide ses mains vers mes seins, mes fesses, mes cuisses. Nous nous embrassons. Je lui caresse les cheveux, le dos, le torse. Ses mains me parcourent le corps, se rapprochent de mon sexe sans jamais le toucher. Je remonte ma jupe en vinyle pour qu'il puisse continuer... pour que JE puisse continuer. Ses mains se posent doucement sur ma culotte. J'écarte les jambes. Son mouvement de va et vient est de plus en plus pressant. Je lui mords l'oreille, le cou, l'épaule, comme c'est bon. Lui aussi est complètement excité. Il se frotte contre ma cuisse. Mon plaisir augmente de plus en plus, je perds petit à petit ma conscience. Je ne sais plus vraiment qui je suis, ce que je fais, ce qu'est ma vie. Encore un peu, ca vient. L'énergie se libère enfin. Je l'empoigne par les cheveux et lui fracasse la tête contre le mur. Il tombe à terre et gémit de douleur et d'incompréhension.

C'est tellement facile pour moi, avec toute cette technologie dans mon corps. Mais l'extase ne dure pas... quelques secondes et ce corps sanguinolent me donne déjà la nausée. Je me détourne, je reviens sur mes pas, je marche vite, vite, vite. Quel con, pourquoi m'a-t-il suivie, pourquoi n'est-il pas resté à cuver son vin sur son putain de trottoir ?! Merde, merde, merde. Les rues vides, mes pas résonnent, mon coeur résonne, mes oreilles bourdonnent. Trop d'adrénaline. Je passe par dessus un muret et m'écroule sur une pelouse fraîchement coupée. Je me calme... je dois me calmer. Penser à autre chose. Ce parfum, c'est le printemps, la renaissance de la nature, la disparition de la pourriture. Merde, merde, shuuut, shuuuut, je dois me calmer. Je respire à fond.

Je me calme.

Ca va. Maintenant, je peux rentrer tranquillement chez moi, réintégrer ma petite vie merdique, dans ce bled merdique. Après tout, ce n'est qu'un fait divers, qu'un connard de moins...

Lauren
(source:Cybergoth & Divagations)
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Anonymou
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